Une super-batterie d'envergure mondiale fabriquée à Varennes

Institut de recherche Hydro-Québec

Vanessa Picotte vanessa.picotte@tc.tc Publié le 16 mars 2016

La super-batterie, une boîte métallique longue de 16 mètres est un système de stockage de grande capacité.

©Photo: Gracieuseté - Hydro Québec

TECHNOLOGIES. Une cinquantaine de techniciens et de chercheurs de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ) à Varennes s'affairent depuis 2014 à mettre en place une super-batterie qui pourrait permettre entre autres de laisser tomber graduellement les énergies fossiles. Pour être en mesure de développer cet immense appareil, capable d'emmagasiner une quantité importante d'électricité, Hydro-Québec et Sony ont uni leurs forces pour créer Esstalion Technologies.

«Depuis environ deux ans, nous avons créé la filiale que nous appelons Esstalion Technologies, dans laquelle approfondissons certains des travaux de recherche qui ont été effectués au cours des dernières années, explique le directeur de l'IREQ, Jérôme Gosset. Avec cette filiale, nous voulons faire deux choses: améliorer la performance de certains des matériaux de la batterie, par exemple la durée de vie et la performance chimique et électrochimique, et concevoir le produit, de l'assemblage des matériaux en cellules jusqu'au prototype qui fait 1,2 mégawatt-heure (MWh).»

Ambitions mondiales

Concrètement, la super-batterie produite à Varennes pourrait s'avérer fort intéressante pour les pays qui tentent d'implanter ou d'améliorer leur système de production d'électricité d'origine renouvelable.

«Il y a de nombreux endroits dans le monde où s'installent de plus en plus les énergies renouvelables. À ce moment-là, le stockage est un moyen important pour venir gérer toutes les intermittences, ajoute Jérôme Gosset. L'ambition que nous avons est d'être en mesure de commercialiser la batterie partout à travers le monde pour les producteurs d'électricité et les grandes industries.»

Même si les éoliennes et les panneaux solaires sont de plus en plus populaires et s'avèrent une solution potentielle, ils ne sont pas assez efficaces pour alimenter sans relâche un réseau électrique.

«Souvent pour pallier les intermittences des énergies renouvelables, les producteurs d'électricité utilisent des centrales au gaz ou au charbon pour venir balancer les variations. Le recours au stockage d'énergie par les batteries est un moyen de n'utiliser que des énergies propres et d'éviter ce recours aux énergies fossiles.»

Même si ce n'est pas du tout le cas au Québec, alors que plus de 97% de la production d'électricité est d'origine renouvelable, la super-batterie pourrait tout de même devenir indispensable pour la société d'État.


«Il faut distinguer le cas d'Hydro-Québec des autres producteurs d'électricité. Ici, il y a une très grande part d'hydro-électricité, alors le problème de régulation est beaucoup moins présent qu'ailleurs dans le monde. Toutefois, le stockage est plutôt en lien avec la variation de la demande des clients. C'est ce facteur qui dominera pour le Québec», précise le directeur de l'IREQ.

À quoi ressemble la super-batterie?

Le prototype est constitué d’un conteneur de 16,2 mètres (53 pieds) qui comprend 576 modules de batteries, un onduleur pour convertir le courant, un transformateur pour ajuster la tension du système de stockage à celle du réseau ainsi que des équipements de contrôle et de protection. Les modules de batteries sont construits par Sony et emploient la technologie Lithium Fer Phosphate (LFP) d’Hydro-Québec.

Le prototype, qui est testé depuis l'été dernier sur le réseau basse tension du laboratoire de Technologies Esstalion installé à l'IREQ, a une puissance de 1,2 mégawatt et peut emmagasiner 1,2 mégawatt-heure, l'équivalent de la consommation quotidienne moyenne de 23 foyers québécois.

Un des scientifiques les plus influents du monde à Varennes

Le développement de systèmes de stockage d'énergie de grande capacité est mené par le chercheur Karim Zaghib, qui œuvre depuis plus près de 20 ans à l'IREQ. Ce mois-ci, M. Zaghib a été nommé parmi les scientifiques les plus influents du monde par Thomson Reuters dans son palmarès The World's Most Influential Scientific Minds. Il s'agit du premier chercheur de l'IREQ à figurer dans ce classement.

Cette distinction est attribuée aux scientifiques ayant été les plus cités par leurs pairs au cours des 11 dernières années et ayant un impact exceptionnel dans leur champ de recherche. Thomson Reuters honore ainsi environ 3000 scientifiques parmi les 9 millions de chercheurs recensés dans le monde.

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Vanessa Picotte vanessa.picotte@tc.tc Publié le 16 mars 2016

La super-batterie, une boîte métallique longue de 16 mètres est un système de stockage de grande capacité.

©Photo: Gracieuseté - Hydro Québec


TECHNOLOGIES. Une cinquantaine de techniciens et de chercheurs de l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ) à Varennes s'affairent depuis 2014 à mettre en place une super-batterie qui pourrait permettre entre autres de laisser tomber graduellement les énergies fossiles. Pour être en mesure de développer cet immense appareil, capable d'emmagasiner une quantité importante d'électricité, Hydro-Québec et Sony ont uni leurs forces pour créer Esstalion Technologies.

«Depuis environ deux ans, nous avons créé la filiale que nous appelons Esstalion Technologies, dans laquelle approfondissons certains des travaux de recherche qui ont été effectués au cours des dernières années, explique le directeur de l'IREQ, Jérôme Gosset. Avec cette filiale, nous voulons faire deux choses: améliorer la performance de certains des matériaux de la batterie, par exemple la durée de vie et la performance chimique et électrochimique, et concevoir le produit, de l'assemblage des matériaux en cellules jusqu'au prototype qui fait 1,2 mégawatt-heure (MWh).»

Ambitions mondiales

Concrètement, la super-batterie produite à Varennes pourrait s'avérer fort intéressante pour les pays qui tentent d'implanter ou d'améliorer leur système de production d'électricité d'origine renouvelable.

«Il y a de nombreux endroits dans le monde où s'installent de plus en plus les énergies renouvelables. À ce moment-là, le stockage est un moyen important pour venir gérer toutes les intermittences, ajoute Jérôme Gosset. L'ambition que nous avons est d'être en mesure de commercialiser la batterie partout à travers le monde pour les producteurs d'électricité et les grandes industries.»

Même si les éoliennes et les panneaux solaires sont de plus en plus populaires et s'avèrent une solution potentielle, ils ne sont pas assez efficaces pour alimenter sans relâche un réseau électrique.

«Souvent pour pallier les intermittences des énergies renouvelables, les producteurs d'électricité utilisent des centrales au gaz ou au charbon pour venir balancer les variations. Le recours au stockage d'énergie par les batteries est un moyen de n'utiliser que des énergies propres et d'éviter ce recours aux énergies fossiles.»

Même si ce n'est pas du tout le cas au Québec, alors que plus de 97% de la production d'électricité est d'origine renouvelable, la super-batterie pourrait tout de même devenir indispensable pour la société d'État.


«Il faut distinguer le cas d'Hydro-Québec des autres producteurs d'électricité. Ici, il y a une très grande part d'hydro-électricité, alors le problème de régulation est beaucoup moins présent qu'ailleurs dans le monde. Toutefois, le stockage est plutôt en lien avec la variation de la demande des clients. C'est ce facteur qui dominera pour le Québec», précise le directeur de l'IREQ.

À quoi ressemble la super-batterie?

Le prototype est constitué d’un conteneur de 16,2 mètres (53 pieds) qui comprend 576 modules de batteries, un onduleur pour convertir le courant, un transformateur pour ajuster la tension du système de stockage à celle du réseau ainsi que des équipements de contrôle et de protection. Les modules de batteries sont construits par Sony et emploient la technologie Lithium Fer Phosphate (LFP) d’Hydro-Québec.

Le prototype, qui est testé depuis l'été dernier sur le réseau basse tension du laboratoire de Technologies Esstalion installé à l'IREQ, a une puissance de 1,2 mégawatt et peut emmagasiner 1,2 mégawatt-heure, l'équivalent de la consommation quotidienne moyenne de 23 foyers québécois.

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Le développement de systèmes de stockage d'énergie de grande capacité est mené par le chercheur Karim Zaghib, qui œuvre depuis plus près de 20 ans à l'IREQ. Ce mois-ci, M. Zaghib a été nommé parmi les scientifiques les plus influents du monde par Thomson Reuters dans son palmarès The World's Most Influential Scientific Minds. Il s'agit du premier chercheur de l'IREQ à figurer dans ce classement.

Cette distinction est attribuée aux scientifiques ayant été les plus cités par leurs pairs au cours des 11 dernières années et ayant un impact exceptionnel dans leur champ de recherche. Thomson Reuters honore ainsi environ 3000 scientifiques parmi les 9 millions de chercheurs recensés dans le monde.