Centres jeunesse: Québec remet en cause la libre circulation des jeunes

Publié le 9 février 2016

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois.

©La Presse Canadienne

QUÉBEC. Pour éviter les fugues et leurs conséquences parfois dramatiques, le gouvernement Couillard remet en question la liberté de circulation actuellement garantie aux jeunes filles en difficulté fréquentant les centres jeunesse.

«Tout est sur la table», a résumé mardi la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois (photo).

La loi actuelle, en vigueur depuis huit ans, interdit aux centres jeunesse d'empêcher les jeunes d'aller et venir à leur guise, si bien que certaines sortent et ne reviennent pas. Au cours des deux dernières semaines, cinq cas de jeunes filles ayant fait une fugue ont été répertoriés au centre jeunesse de Laval. Certaines adolescentes font des fugues à répétition et deviennent la proie des gangs de rue.

En point de presse mardi, la ministre responsable du dossier a indiqué que le temps était venu d'amorcer une réflexion visant à déterminer comment assurer un meilleur encadrement des jeunes filles placées en centre jeunesse, notamment en ce qui a trait à l'usage des téléphones cellulaires. Grâce au téléphone, les fugueuses ont également accès aux réseaux sociaux.

«Il y a huit ans, on est parti d'une politique d'encadrement très stricte à aujourd'hui une liberté de circulation» sans limite, a fait valoir la ministre Charlebois, disant être à la recherche d'un point d'équilibre entre «l'encadrement excessif et la liberté de circulation».

Une nouvelle approche nécessiterait des modifications à la loi 125 sur la protection de la jeunesse, pilotée à l'époque par la ministre Margaret Delisle.

Cette réflexion à venir sur d'éventuelles limites à imposer au principe de la liberté de circulation sera menée notamment avec l'ensemble des directeurs de la protection de la jeunesse et des directions des centres hospitaliers.

La ministre n'a pas donné d'échéancier pour faire connaître les conclusions de cette réflexion.

À court terme, Québec nommera aussi un vérificateur qui se rendra au centre jeunesse de Laval pour voir si les mesures d'encadrement déjà en vigueur ont été observées dernièrement. Un rapport est attendu d'ici 30 jours.

Par ailleurs, un plan d'intervention interministériel sera élaboré en vue de dresser une liste des moyens à mettre en place pour éviter que les jeunes fugueuses des centres jeunesse tombent aux mains des gangs de rue et des proxénètes déterminés à les amener à se prostituer.

Le plan d'action sera axé à la fois sur la prévention et la répression, a indiqué pour sa part le ministre Coiteux, qui n'a pas fixé de date pour annoncer le contenu de ce projet.

La Presse Canadienne

En manchette

La NBA viable à Montréal?

Le basketball occupe un plus grand espace médiatique ces temps-ci grâce au parcours des Raptors de Toronto en séries de la National Basketball Association (NBA). Cet engouement relance le débat à savoir si Montréal pourrait avoir une franchise viable de la NBA. Il y en a un qui est convaincu, Pascal Jobin, intervenant de choix pour les médias quand vient le temps de commenter l'actualité du basketball. Jobin, qui est également entraîneur de l'équipe masculine du cégep Édouard-Montpetit, sera d'ailleurs analyste pour le tournoi olympique féminin cet été durant les Jeux de Rio.

Chanter sans pression ni prétention

Elle est simple, jeune et se laisse porter par la vie et ses surprises sans trop se poser de questions. Et la formule semble fonctionner puisque du haut de ses 23 ans, la Varennoise Maryanne Côté a lancé son premier album, 1949, le 17 mai, devant une centaine de spectateurs au Quai des brumes, à Montréal.

Centres jeunesse: Québec remet en cause la libre circulation des jeunes

Publié le 9 février 2016

La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois.

©La Presse Canadienne


QUÉBEC. Pour éviter les fugues et leurs conséquences parfois dramatiques, le gouvernement Couillard remet en question la liberté de circulation actuellement garantie aux jeunes filles en difficulté fréquentant les centres jeunesse.

«Tout est sur la table», a résumé mardi la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois (photo).

La loi actuelle, en vigueur depuis huit ans, interdit aux centres jeunesse d'empêcher les jeunes d'aller et venir à leur guise, si bien que certaines sortent et ne reviennent pas. Au cours des deux dernières semaines, cinq cas de jeunes filles ayant fait une fugue ont été répertoriés au centre jeunesse de Laval. Certaines adolescentes font des fugues à répétition et deviennent la proie des gangs de rue.

En point de presse mardi, la ministre responsable du dossier a indiqué que le temps était venu d'amorcer une réflexion visant à déterminer comment assurer un meilleur encadrement des jeunes filles placées en centre jeunesse, notamment en ce qui a trait à l'usage des téléphones cellulaires. Grâce au téléphone, les fugueuses ont également accès aux réseaux sociaux.

«Il y a huit ans, on est parti d'une politique d'encadrement très stricte à aujourd'hui une liberté de circulation» sans limite, a fait valoir la ministre Charlebois, disant être à la recherche d'un point d'équilibre entre «l'encadrement excessif et la liberté de circulation».

Une nouvelle approche nécessiterait des modifications à la loi 125 sur la protection de la jeunesse, pilotée à l'époque par la ministre Margaret Delisle.

Cette réflexion à venir sur d'éventuelles limites à imposer au principe de la liberté de circulation sera menée notamment avec l'ensemble des directeurs de la protection de la jeunesse et des directions des centres hospitaliers.

La ministre n'a pas donné d'échéancier pour faire connaître les conclusions de cette réflexion.

À court terme, Québec nommera aussi un vérificateur qui se rendra au centre jeunesse de Laval pour voir si les mesures d'encadrement déjà en vigueur ont été observées dernièrement. Un rapport est attendu d'ici 30 jours.

Par ailleurs, un plan d'intervention interministériel sera élaboré en vue de dresser une liste des moyens à mettre en place pour éviter que les jeunes fugueuses des centres jeunesse tombent aux mains des gangs de rue et des proxénètes déterminés à les amener à se prostituer.

Le plan d'action sera axé à la fois sur la prévention et la répression, a indiqué pour sa part le ministre Coiteux, qui n'a pas fixé de date pour annoncer le contenu de ce projet.

La Presse Canadienne